Mercredi 25 juilletAmedNon, ce n'est pas un coucher de soleil, Amed est à l'Est, c'est la première photo du matin par la fenêtre, juste avant de commencer l'ascension de la montagne locale. | |
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Je ne saurais dire le nom de la montagne que nous escaladons, il faudrait une bonne carte. Disons que c'est la montagne au dessus d'Amed et qu'elle doit faire dans les 800 ou 1000 mètres... La vue, tout le long, est magnifique, il fait chaud... très chaud... et très soif, même quand on prend nos précautions. Le sommet est très ventu, on est obligé de mettre le sac à dos sur la Christine pour éviter qu'elle ne s'envole... Nous avons croisés beaucoup de paysans des montagnes (sêches, le seul endroit sec à Bali). Tous semblent très sympatiques, même s'ils ne parlent pas un mot d'anglais et juste quelques mots d'indonésiens. La plupart n'ont que leur patois balinais. Ils ont cependant tous du temps pour nous parler un peu par gestes et pour sourire. Nous avons souvent perdu le sentier et une femme nous voyant passer le long de son "champs" nous faisait signe de traverser sa cour pour le rattraper de l'autre côté. C'est l'avantage de se balader tôt : on croise les gens qui se sont levés encore plus tôt (...) et on évite les grosses chaleurs. Les habitations sont très précaires. Nous voyons une famille refaire un de ses murs. C'est facile, 4 bambous, attachés en carrés par des lianes (en tout cas du végétal) et ils tressent des feuilles de palmiers au milieu. Il n'y a plus qu'à lever la cloison. très rapide (mais solide, ça....). Les toits sont tous faits de feuilles (bananier ?) et le sol de terre battue. Tous les travaux de culture (très sêche et très pauvre) se font à la houe sur un terrain très en pente, et la coupe du bois à la machette. Dans les maisons, pas de mobilier (pour ce qu'on en voit par les fenêtres qui sont des trous), les gens semblent avoir très peu de vêtements, tous troués et reprisés autant que possible, accrochés le long des murs. J'ai l'impression d'avoir plus de vêtement dans mon gros sac pour trois semaines qu'une famille paysanne balinaise de l'est ou de munduck. Cela fait un gros contrastes avec les paysans des rizières, beaucoup plus riches. Nous n'avons pas entendu un seul bruit de moteur dans ces montagnes très habitées(juste une fois une radio). Le défrichage est assurée par les chèvres locales. Apparement, pas d'électricité en dehors de la zone côtière. Pas de téléphone. Dans tout l'est, pas d'internet, ou que ce soit, donc pas de retrait possible à la carte bleue. Pas de banque d'ailleurs. Il y a une très grosse différence de mode de vie entre l'est de Bali et le centre. L'accès aux soins semble très limité alors que dans les régions d'Ubud ou de Kuta il y a des pharmacies et des médecins en quantité, qui semblent fréquentés par les balinais. Cela se voit d'ailleurs rien qu'en regardant les gens. Il y a également beaucoup moins d'offrandes à Amed que dans le reste de Bali. | |
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Ca, on a vérifié en ouvrant les coques par terre, c'est du tamarin. | |
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Une fois en bas, alors que nous nous arrêtons à un étal pour acheter une bouteille d'eau, Cristine aperçoit de petits paniers de palme. Nous demandons à la vendeuse ce dont il s'agit et nous apprenons, essentiellement, qu'elle ne comprend pas un mot ni d'Anglais ni d'Indonésien. Elle sourit beaucoup, c'est déjà ça. Nous ne parlons pas un mot de Balinais mais nous arrivons par geste à comprendre qu'elle vend ses paniers 3000 rp. On décide d'essayer. Elle se met alors à écraser, longuement, sous un pilon, des cacahouettes, du jus de citron, des pates diverses (de crevettes peut-être), du piment et du sel. Elle coupe ensuite notre paquet en deux, qui s'avère contenir du riz cuit à l'eau (dans le panier de palme, ce qui le compresse), et mélange ce riz à la pate. Elle nous sert ça dans une assiette et on finit à comprendre, avec l'aide d'un homme qui passe (son mari ?) qu'il s'agit d'une variante du gado-gado. C'est vraiment très bon, alors on en reprend une seconde assiette, avec en plus des légumes (pour le même prix). | |
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Ce soir nous dinons au café Garam, l'adresse chic du coin (un restaurant à prétentions écologiques, ou à tout le moins de sauvegarde de l'économie traditionnelle, garam qui signifie sel, faisant référence aux techniques du coin de récolte du sel). C'est plutôt bon, mais sans plus, et c'est cher, et le service est interminable, au point qu'ils devront nous rattraper avec le dessert alors que nous partons excédés par l'attente... Dans les restaurants, l'approvisionnement à l'air très difficile. Pour la population aussi (nous n'avons vu aucun magasin de produits de consommation, juste quelques cahuttes proposant peu de produits). Sur les quatres retaurants que nous avons testé, aucun n'a de Brem (vin de riz) qui est à la carte, pas de jus de fruits exotiques (papayes, ananas...) à la carte eux aussi, pas de lassi car pas de yaourt cette semaine là, pas de salades variée car pas d'avocat etc.... Il vaut mieux demander ce qu'il y a. Les restaurants sont-ils trop pauvres pour investir sur tous les produits ? Ont-ils trop peu de clients pour que ce soit possible ? Ce sont pourtant des produits très courants dans le reste de l'île. Les balinais de l'est semblent vivre de leur pêche et de quelques cultures vivrières en quasi autarcie. |